Avenir et Démocratie en Rép. Dém. Du Congo

Désir d'une société qui donne à chacun les moyens d'être libre, de gagner sa vie par son travail, de se faire sa place dans la société, de réaliser ses aspirations...

10 novembre 2007

Le Rwanda dément son incursion à l’Est de la RDC

Un officiel rwandais a éca rté mercredi la présence des soldats rwandais à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), affirmant qu’aucun élément des Forces de défense rwandaises n’avait traversé la frontière des deux pays.

"Le Rwanda n'a aucune intention de traverser la frontière entre les deux pays, ce que nous souhaitons est la neutralisation des forces négatives du mouvement rebelle des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) opérant à l’est de la RDC", a déclaré à la PANA le porte-parole de l’armée rwandaise, le major Jill Rutaremara.

Dans la région du Nord-Kivu, à l’Est de la RDC, des combats violents opposent depuis quelques mois les troupes loyalistes de Kinshasa estimées actuellement à plus de 20.000 hommes aux différents groupes rebelles, dont notamment celui commandé par un officier dissident rwandophone de l’armée congolaise, le général Laurent Nkunda.

La Mission de l’ONU au Congo (MONUC) et l’armée congolaise avaient allégué récemment qu’il y aurait eu une incursion des éléments de l’armée rwandaise sur le territoire congolais, traversant clandestinement la frontière pour aller combattre dans les rangs du général Laurent Nkunda.

On rappelle à ce titre qu'au cours d’une interview exclusive accordée à la PANA, en septembre 2006 à partir de son fief à Nyamitaba (Est de la RDC), le général Nkunda avait démenti ces allégations affirmant que tous ses combattants sont des "Congolais rwandophones qui luttent pour protéger leur peuple".

Se/Panapress

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31 octobre 2007

De fortes pluies attendues en novembre á kinshasa

De fortes pluies sont attendues en novembre à Kinshasa, la capitale de la RD Congo, a annoncé mardi l'Agence nationale de météorologie et de télédétection par satellite (METELSAT), invitant la population et le gouvernement à prendre des dispositions pour parer à toute éventualité.

La semaine dernière, une pluie torrentielle s'était abattue sur Kinshasa, la capitale de la RD Congo, la plus grande jamais enregistrée dans cette ville depuis 1961, selon METELSAT.

Cette pluie, survenue dans la nuit de jeudi à vendredi, a fait une trentaine de morts et disparus, ainsi que d'importants dégâts matériels.

Se/Panapress

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29 octobre 2007

Amnesty International exhume la guerre de Kinshasa et charge la garde républicaine

Amnesty International, une organisation de défense des droits humains basée à Londres en Grande Bretagne, a publié hier un rapport sur la RDC.

Ce document a été rendu public par Erwin van der Borght, responsable du programme Afrique de cette Ong. Il recommande au gouvernement congolais d'enquêter sur les graves accusations d'actes de tortures et de tueries portées contre les soldats de la Garde République (GR) et les éléments de la Direction de renseignements généraux et des services spéciaux de la police nationale congolaise (DRGS).

Amnesty international charge ces deux services pour des attaques menées contre des militants de l'opposition politique. Le responsable Afrique de cette organisation pense qu'un grand nombre de personnes a été pris pour cible en mars dernier pour la simple raison qu'elles étaient originaires de la province de l'Equateur, à laquelle appartient Jean-Pierre Bemba Gombo, candidat malheureux à l'élection présidentielle, qui s'est retranché depuis le 11 avril dernier à Faro au Portugal, officiellement pour des soins médicaux.

« Certaines personnes sont encore en prison sans procès depuis plusieurs mois », a fait observer le responsable d'Amnesty.

La Torture au rendez-vous

Cette organisation fait également mention des cas de torture et de mauvais traitements dans les lieux de détention, sans oublier les intimidations qui ont créé un climat de terreur dans la capitale. Revenant sur la guerre de Kinshasa du 22 au 24 mars 2007, Amnesty International a accusé la Garde républicaine d'avoir commis de graves violations des droits de l'homme lors des hostilités dont le bilan est estimé à 600 morts. Des membres de la garde rapprochée de Bemba sont également mis en cause.

Amnesty International pense que seule la création d'une armée, d'une police et des services de renseignements représentatifs de toutes les composantes de la société congolaise, peut résoudre tous les problèmes décriés précédemment.

« Il faut mettre fin à la culture institutionnelle permissive au regard des violations des droits de l'homme due à une désorganisation des systèmes judiciaire et policier », préconise l'organisation, tout en fustigeant le fait que les forces de sécurité servent encore des intérêts politiques et ne bénéficient pas de la confiance des congolais.

Cette Ong a tout de même salué l'institution des comités provinciaux qui ont pour mission d'établir la véracité ou non des accusations de violations des droits de l'homme à l'endroit des services de sécurité.

Signalons que ce rapport intervient 48 heures seulement après que Human Rights Watch (HRW) eut tiré la sonnette d'alarme sur les crimes épouvantables perpétrés contre des civils au Nord Kivu. HRW soutient une solution politique à la crise qui sévit à l'Est de la RDC.

On est en droit de se demander si tous les auteurs des crimes que les organisations internationales ne cessent de dénoncer passeront un jour devant les juridictions nationale ou supranationale pour répondre de leurs actes, et indemniser les victimes de ces atrocités.

Signalons tout de même que sur le plan national, un avant-projet de loi sur la pénalisation de la torture a été déposé sur la table du Premier ministre par le Ministre des droits humains depuis quelques mois et on s'interroge sur la date de sa discussion en conseil des ministres, avant sa transmission à la chambre basse du Parlement. Plusieurs activistes des droits de l'homme sont d'avis que si cette loi est adoptée et promulguée, les auteurs de plusieurs actes de tortures qui se croient au dessus de la loi ne vivront plus en paix, car ils auront maille à partir avec la justice partout où ils se retrancheront.

De/Lephare

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10 octobre 2007

Le ministre belge de la Défense se rendra à Kinshasa

Le ministre belge de la Défense, André Flahaut, est attendu le 16 octobre prochain à Kinshasa pour une visite de travail de 4 jours, au cours de laquelle il aura des entretiens avec le chef de l'Etat congolais, Joseph Kabila, ainsi qu'avec son homologue congolais Chikez Diemu.

Selon un communiqué gouvernemental belge remis mardi à la presse à Bruxelles, la visite du ministre belge de la Défense en République Démocratique du Congo fait suite à celle que le président Joseph Kabila a effectué le 23 septembre dernier en Belgique.

Au cours de ses entretiens avec les autorités belges, le Chef de l'Etat congolais avait demandé l'aide technique de la Belgique pour la formation d'une armée professionnelle dans son pays d'ici 2009.

"Après sa rencontre avec le président Kabila à Kinshasa, M. Flahaut se rendra à Kananga (centre) pour une visite à 40 officiers instructeurs belges qui entraînent des militaires congolais dans le cadre d'un programme de formation des formateurs", souligne le communiqué.

Selon le document, le ministre belge de la Défense rendra, par la même occasion, une visite à une unité médicale belge envoyée d'urgence à Kananga avec du matériel de prévention suite à l'apparition du virus Ebola dans la région du Kassaï Occidental.

Selon des informations de source militaire belge, l'épidémie serait en passe d'être maîtrisée, aucun nouveau cas n'ayant été signalé depuis 2 semaines.

Le bilan provisoire établi par les autorités congolaises fait état de 185 morts dus à ce virus, tandis que 387 personnes ont été enregistrées comme infectées par le virus mortel d'Ebola.

Se/Panapress

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21 septembre 2007

La Banque Mondiale reconnaît avoir financé la destruction des forêts congolaises

Les enquêtes internes de la Banque Mondiale corroborent les allégations de Greenpeace selon lesquelles la société financière internationale (International Finance Corporation, IFC en sigle et en Anglais), filiale du groupe de la Banque Mondiale qui octroie des crédits aux privés, a financé une entreprise forestière opérant dans l'exploitation illégale des forêts en République démocratique du Congo dans la province du Bandundu.

L'entreprise indexée par cette organisation de protection de l'environnement est OLAM International Ltd, un groupe basé à Singapour. Malgré les évidences apportées par Greenpeace, la Banque Mondiale niait toute implication de l'IFC dans le secteur forestier de la RDC, affirmant sur son site web que « la Banque ne finance l'exploitation forestière nulle part en Afrique et nous recommandons au gouvernement de la RDC de ne pas étendre les activités d'exploitation industrielle de la forêt ».

Aveux de la Banque Mondiale

Aujourd'hui, la Banque Mondiale reconnaît que l'IFC a bel et bien octroyé des financements à OLAM International Ltd, mais sans savoir que l'entreprise en question détenait de permis d'exploitation, sujets à controverse. «C'est vrai qu'une partie de la Banque Mondiale, c'est-à-dire l'IFC a investi dans OLAM qui a des investissements au Congo. Ça c'est vrai », a déclaré à ARI Judy O'Connor, représentante ad interim de la Banque Mondiale pour le Rwanda, le Burundi et les deux Congo.

«Vous savez que nous sommes plusieurs parties de la Banque mondiale. Ce n'est pas seulement IDA, il y a aussi l'IFC qui donne de l'argent directement aux privés sans le soutien des gouvernements. Avec IDA (Association Internationale de Développement, l'institution de la Banque Mondiale qui aide les pays les plus pauvres, ndlr) ou les fonds de la Banque il faut avoir l'appui et l'accord des gouvernements. Selon les informations dont nous disposons, l'IFC ne savait pas que cette entreprise avec laquelle elle travaillait au Congo détenait une licence controversée », a-t-elle déclaré.

Comment une institution comme l'IFC financerait les opérations d'une entreprise sans savoir ce qu'elle fait réellement des fonds reçus ? Par ailleurs, est-ce que l'IFC va maintenir ses investissements dans le groupe OLAM après ce scandale ? C'est des questions que nous avons posées à Desmond Dodd, responsable de l'Unité des Communications au Bureau Afrique de l'IFC basé à Johannesburg en Afrique du Sud.

«Les financements de l'IFC pour OLAM ne concernaient pas une activité spécifique. L'IFC achetait des actions au niveau corporatif et a octroyé des financements commerciaux pour diverses opérations en Asie et en Afrique en 2003 et 2004. L'IFC maintien ses actions dans OLAM. Les prêts de financement que l'IFC a octroyés à OLAM sont déjà expirés. Les financements de l'IFC ne visaient pas une activité spécifique», nous a-t-il déclaré.

Non respect du moratoire

En 2005, OLAM a reçu des permis d'exploitation dans la province de Bandudu, couvrant une superficie de plus de 300.000 hectares, en violation du moratoire de 2002 sur l'attribution de nouveaux titres d'exploitation, et du code forestier de la RDC. Ironiquement, ces lois ont été introduites avec l'approbation de la Banque Mondiale, dans le but de contrer l'abattage illégal en RDC.

Dans l'entretien accordé à ARI, Judy O'Connor a affirmé que l'IFC ne savait pas qu'OLAM a obtenu des permis d'exploitation après l'introduction du moratoire en 2002. « Dès que nous avons reçu l'information, des investigations ont été menées aussi bien par l'IFC que par OLAM. Les résultats des enquêtes ont montré que c'était vrai que cette entreprise a obtenu une licence pendant la période du moratoire», a déclaré à ARI Judy O'Connor.

Jusqu'au début des années 2000, élites nationales et compagnies internationales se sont procurées un total de 340 titres forestiers, équivalents à une superficie de plus de 43 millions d'hectares. Ces titres ont été alloués dans une totale opacité, à des prix absolument dérisoires, sans aucune étude préalable relative aux populations locales ou à l'intérêt biologique des zones concernées.

En mai 2002, le Ministère des Affaires foncières, de l'Environnement et du Tourisme congolais instaurait un moratoire sur l'attribution de nouveaux titres forestiers. Ce moratoire fut accompagné par l'annulation d'un peu plus de la moitié des titres forestiers existants à l'époque, pour une superficie de 25,5 millions d'hectares. Malgré cela, dès que la Banque mondiale a débloqué l'aide financière conditionnée à l'instauration du moratoire, des titres couvrant des millions d'hectares de forêts ont été attribués, échangés ou renouvelés en violation du moratoire par le même gouvernement.

Confirmé par un décret présidentiel en 2005, le moratoire ne pourra être levé qu'après l'examen de la légalité des titres de coupe existants, la publication de nouvelles règles d'adjudication des allocations forestières, ainsi que l'adoption d'une programmation géographique des futures allocations à l'horizon de trois ans.

Le double jeu de la Banque Mondiale

Selon les investigations de Greenpeace, l'IFC investit beaucoup dans OLAM International Ltd. En décembre 2003, l'IFC a investi 15 millions de dollars dans cette entreprise. En 2004, une garantie partielle de 50 millions de dollars supplémentaires a été approuvée. Durant l'exercice fiscal 2006, l'IFC détenait dans cette entreprise 11,2 millions de dollars sous forme de prêts et garanties. En mai 2007, Greenpeace a adressé une correspondance à l'IFC lui demandant de désinvestir dans OLAM.

Greenpeace se basait alors sur le fait que les titres d'exploitation du groupe octroyés illégalement après la mise en ouvre du moratoire sur les nouveaux permis, en 2002 - doivent être considérés comme illégaux et annulés suite à l'évaluation légale actuelle de tous les titres d'exploitation existants.

Ce processus de révision a été initié et financé pourtant par la Banque Mondiale. A la fin du mois de juillet, l'IFC a rejeté cette requête et a défendu les pratiques d'OLAM, affirmant que « le groupe ne travaille - et ne travaillera - qu'avec des fournisseurs détenant des permis d'exploitation valables, obtenus dans le cadre du processus de supervision de l'IFC » ; et a loué l'entreprise pour « son engagement politique pour une gestion durable de la forêt ».

Pourtant, les autorités de la province de Bandundu ont saisi des cargaisons de bois illégal abattu par OLAM International Ltd. Le Ministère local de l'Environnement et des forêts a accusé l'entreprise de commerce de bois illégal. Il s'agit de bois récolté par des entreprises locales dont les permis d'exploitation avaient expiré.

Les saisies de bois illégal d'OLAM faisaient suite à des révélations concernant les activités illégales d'OLAM en RDC. En avril 2007, Greenpeace a publié un rapport accablant, détaillant la façon dont OLAM vend du bois à des compagnies tierces, dont les opérations forestières destructrices provoquent des conflits sociaux, des dommages environnementaux massifs et d'importantes pertes de revenus pour l'Etat.

«Ceci constitue un exemple des épouvantables doubles normes que le Groupe de la Banque Mondiale applique lorsqu'il s'agit d'utiliser les finances internationales pour contribuer à la sauvegarde des forêts de RDC. Si la main gauche de la Banque Mondiale se lève pour appeler à sauver les forêts tropicales humides du Congo, la droite participe à leur destruction », explique Susanne Breitkopf, qui s'occupe de la campagne des forêts chez Greenpeace.

«Plutôt que de financer le pillage de la seconde forêt tropicale humide du monde, la Banque Mondiale devrait investir d'urgence dans le renforcement de l'application de la loi forestière en RDC, afin de contrôler la destruction massive et illégale dont sont responsables les sociétés forestières », ajoute-t-elle.

Rupture du contrat léonin

Tous nos efforts pour contacter OLAM International Ltd ont été vains. Les officiels du groupe ont réservé une fin de non-recevoir à toutes les questions que nous leur avons adressées. Cependant, dans un communiqué de presse du 31 août daté de Singapour, OLAM indique qu'il va informer le gouvernement de la République démocratique du Congo de son intention d'abandonner ses revendications sur les concessions acquises en 2005. Selon ce communiqué, OLAM suspend ses investissements dans l'industrie forestière congolaise jusqu'à ce qu'une transparence légale et une politique claire soient définies.

En attendant la révision des lois existantes, le groupe affirme qu'il avait déjà suspendu ses opérations dans deux concessions, excepté plus tard cette année et là aussi il s'est acquitté de toutes les taxes exigées par l'Etat congolais. Cependant et ce après les révélations de Greenpeace, OLAM a mené une enquête interne qui a poussé sa direction et son Conseil d'administration à conclure que même si ce sont des concessions données par le Ministère de l'environnement et acquises de bonne foi, mais en réalité ça ne cadrait pas avec la politique nationale. L'administration du groupe annonce qu'elle récupérera le moment venu toutes ces concessions pour montrer son intention de jouer un rôle de long terme comme acteur responsable du secteur privé dans l'industrie forestière.

Le groupe OLAM affirme qu'il n'exportait que peu de produits forestiers de la RDC et ce avec l'aide des entreprises locales. Cet investissement visait dans un premier temps à explorer le marché jusqu'à ce que une politique nationale de long terme soit déterminée. Par ailleurs, les officiels de l'IFC nous ont confirmé que OLAM International Ltd a d'ores et déjà suspendu ses investissements dans le secteur forestier de la RDC.

« Dès que les résultats des investigations menées par les deux parties ont confirmé les allégations de Greenpeace, OLAM a annoncé son intention de se débarrasser de cette licence controversée. Je ne sais pas si elle l'a déjà fait, il faut vérifier. Avant mon départ de Washington, la Banque mondiale préparait un communiqué de presse là-dessus. Je ne sais pas si c'est déjà publié ou pas. Il faut vérifier », nous a déclaré Judy O'Connor que nous avons rencontré dans les locaux de la Banque Mondiale à Kigali.

«Les allégations qui ont été faites étaient sérieuses, l'IFC continue à enquêter attentivement là-dessus et OLAM a également mené une enquête interne. OLAM a décidé de ne pas opérer dans ses concessions de la RDC. Il y a de cela plusieurs mois et après une enquête interne le groupe a annoncé sa décision de renoncer à ses revendications sur deux concessions le mois passé. L'IFC salue la décision d'OLAM de réagir rapidement à ce contrat qui ne cadrait pas avec la politique nationale », a déclaré à Grands Lacs Hebdo Desmond Dodd.

OLAM n'en est pas à sa première bavure

Greenpeace rappelle que les opérations d'OLAM ont déjà suscité des problèmes légaux ailleurs en Afrique et en 2004, la 'Commodity Future Trading', commission américaine, lui a infligé 20.000 dollars d'amende pour pratiques illégales sur le marché américain. Pour Greenpeace, l'affaire de l'exploitation illégale des forêts congolaises avec la complicité ou la complaisance de l'IFC remet en question l'efficacité des standards de performance de l'IFC, qui prétend avoir fixé de nouvelles normes internationales pour des opérations bancaires durables, adoptées par un certain nombre de banques privées depuis leur lancement, en 2006.

La Banque Mondiale interpellée

Susanne Breitkopf de Greenpeace dit que « L'IFC doit faire preuve de prudence vis-à-vis de ses clients et projets. La Banque mondiale doit assainir ses opérations en RDC. Elle doit veiller à ce que ses fonds soient utilisés pour améliorer la gestion publique et pour lutter contre la pauvreté, pas pour financer la destruction de la forêt. La Banque mondiale évoquait le renforcement de capacité de contrôle dans le secteur forestier de la RDC en 2002, mais cinq ans plus tard, la capacité locale est toujours au point zéro et les compagnies forestières internationales continuent à opérer en toute impunité».

Greenpeace dit que l'administration provinciale n'a virtuellement aucun moyen de contrôler les activités des compagnies internationales dans les forêts du Bandundu. Les quelques fonctionnaires chargés de faire appliquer la loi forestière manquent de moyens de transport et d'équipements, ainsi que d'une formation adéquate. Les inspecteurs qui doivent patrouiller sur des milliers d'hectares ne disposent que de bicyclettes, et leurs bureaux ne comportent pour tout équipement qu'une vieille machine à écrire.

Les forêts du Bassin du Congo constituent le deuxième plus grand massif de forêts tropicales au monde, après l´Amazonie, et sont d´une importance capitale pour la protection du climat. Les émissions résultant de la déforestation tropicale représentent jusqu'à 25% des émissions mondiales annuelles de CO2 d'origine anthropique. On estime que d'ici à 2050, la déforestation en RDC pourrait provoquer l'émission de 34,4 milliards de tonnes de CO2, à peu près l'équivalent des émissions du Royaume-Uni au cours des soixante dernières années. (Fin).

Se/Rwandaise d'information

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18 septembre 2007

La majorité des violations des droits de l'homme restent imputables aux autorités, dénonce la MONUC

Le dernier rapport de la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) pour le mois de juillet dénonce la situation des droits de l'homme en République démocratique du Congo, où les soldats de l'armée régulière (FARDC) restent les premiers responsables des violations.

« Des soldats des FARDC auraient été responsables d'au moins 10 cas d'exécutions arbitraires au cours de la période en revue », indique le rapport publié aujourd'hui à Kinshasa.

Des agents de la police nationale congolaise (PNC), forces de défense et de sécurité, ont également été impliqués dans de graves violations des droits de l'homme, en particulier, les violations du droit à la vie et à l'intégrité physique.

Mais des membres d'autres groupes armés continuent de la même façon de commettre des abus de droits de l'homme contre les populations du Nord et Sud Kivu, dénonce le rapport.

Par ailleurs, l'administration de la justice reste insuffisante et défectueuse et les abus dans les centres de détention restent préoccupants.

Le rapport indique que Yakin Erturk, Rapporteur spécial sur les violences contre les femmes, a réalisé une visite de travail de 12 jours à la demande du gouvernement congolais, à la suite de laquelle elle a dénoncé l'insuffisance du système judiciaire en matière de lutte contre les violences sexuelles.

Elle a exhorté les autorités à s'engager pour lutter contre l'impunité, soulignant que la situation des violences sexuelles dans le Sud-Kivu était « la pire des situations qu'elle n'ait jamais vues en quatre années d'exercice du mandat de Rapporteur spécial ».

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29 août 2007

Après les jouets et le dentifrice, les aliments chinois mis en cause

Après les jouets et les tubes de dentifrices, c'est au tour des aliments en provenance de Chine d'être pointés du doigt, certains présentant des risques graves pour la santé, selon une étude du magazine Expansion à paraître jeudi2658780028_apres_les_jouets_et_le_dentifrice_les_aliments_chinois_mis

Colorants interdits découverts dans des sauces ou dans des gâteaux de riz, moisissures cancérigènes sur des fruits secs, résidus d'antibiotiques dans des lots de miel et de poissons, traces de mercure sur des anguilles ou encore stocks de nouilles incluant des composants génétiquement modifiés... la liste des ingrédients impropres à la consommation est longue, relève le magazine.

Les ustensiles de cuisine en provenance de Chine détiennent eux aussi leurs lots de produits insalubres, puisque l'on retrouve sur divers articles des traces de nickel, de manganèse ou de chrome susceptibles de contaminer les aliments.

Ainsi, pour les produits alimentaires, 263 notifications pour produits dangereux ont été relevées en 2006, selon le réseau d'alerte rapide de la Commission européenne. Et déjà, au cours des sept premiers mois de cette année, l'Expansion fait état de "209 problèmes".

Deux facteurs expliquent essentiellement ces problèmes de qualité: d'une part, la Chine, devenue au fil des années le "garde-manger" du monde, est fortement sollicitée par tous les pays qui souhaitent s'approvisionner à des coûts toujours plus bas.

D'autre part, on relève en Chine "un manque incroyable de formation et d'éducation sur les dangers de contamination et sur les bonnes pratiques à adopter pour garantir la sécurité des consommateurs", commente dans l'étude Gilles Martin, patron du laboratoire Eurofins, implanté en Chine.

Le gouvernement chinois, a décidé, face à la psychose qui s'installe vis-à-vis de ses produits, de prendre le problème à bras le corps et de collaborer avec les Américains pour "améliorer la sécurité de ses aliments", affirme le magazine.

Autre sujet alarmant: la contrefaçon alimentaire. "Sur les 2 millions de produits alimentaires contrefaits recensés dans le monde en 2006, entre 16 et 20% venaient de Chine", assure Christophe Zimmerman de l'Organisation mondiale des douanes, cité dans l'étude.

Un fléau particulièrement préoccupant qui, selon l'Expansion, finance de plus en plus les réseaux du crime organisé, ces derniers considérant ce moyen de blanchiment comme "moins risqué que les filières bancaires ou immobilières".

Actuellement, en Europe, les importateurs sont responsables en matière de sécurité alimentaire. Ils doivent assurer la traçabilité des produits tout au long de la chaîne alimentaire, identifier leurs risques et alerter les autorités sanitaires en cas de doute. Mais nul ne sait l'attitude qu'ils adopteront le jour où ils se retrouveront à la tête de quelques tonnes de marchandises douteuses sur les bras.

Se/PARIS (AFP)

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21 août 2007

Lettre ouverte aux « faiseurs de paix » par un collectif d’universitaires belges et européens (tirée du journal Le soir)

Nous soussignés, membres d’universités et d’établissements scientifiques belges et européens qui suivons les évolutions en Afrique centrale, avons pris le parti, à titre individuel, de nous élever contre la faible proactivité des principaux acteurs politiques qui ont pris en charge la gestion de la crise des Grands Lacs africains. Nous nous sentons interpellés plus particulièrement par les très graves dérives qui se sont accélérées depuis plusieurs mois dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Les pillages, les viols, la mise en esclavage sexuel des femmes, la poursuite des recrutements d’enfants soldats, les meurtres et les enlèvements ciblés de notables locaux et de journalistes qui sont perpétrés dans les deux Kivu (mais aussi ailleurs) tant par des bandes armées hors la loi sans aucun agenda politique et des trafiquants d’armes de tout bord que par une armée congolaise qui n’est pas digne de ce nom, sont inacceptables : elles ont pour prix plus d’un million de personnes déplacées et plus de 400.000 réfugiés.

Au Président Kabila, qui est aussi constitutionnellement chef des armées, nous souhaiterions dire que la légitimité qu’il a tirée des urnes ne fait pas l’économie de celle qu’il doit tirer en priorité de la pacification du pays. Celle-ci ne pourra être atteinte par de simples changements de titulaires au niveau d’un état-major calfeutré dans la capitale, ou par des démonstrations de force disproportionnées, notamment par une garde républicaine qui n’a toujours pas de statut officiel. Qu’elle soit « brassée » ou mixée », la nouvelle armée intégrée, qui a une capacité importante de nuisance, surtout à l’est du pays (mais pas seulement), doit être avant tout casernée, à peine de faire resurgir sans cesse des groupes locaux d’autodéfense qui se feront eux-mêmes justice.

À l’instar de tous les autres « chefs de guerre » impunis, ses officiers ou sous-officiers responsables de crimes contre l’humanité doivent être poursuivis systématiquement par des tribunaux militaires qui doivent cesser soit de vouloir interférer dans ce qui relève du droit pénal civil, soit de protéger l’impunité des leurs.

À la Mission des Nations unies au Congo (Monuc) et à ses responsables à New York, qui se disent régulièrement « préoccupés » « inquiets » ou « interpellés » par les dérives en matière de droits humains, nous disons que, si des modifications ont finalement eu lieu sur papier en ce qui concerne le mandat des Casques bleus sur le terrain, on est loin du compte quant à une attitude véritablement proactive. Le recours à la force, désormais autorisé, depuis le 15 mai dernier, par le Conseil de Sécurité en cas de « menace sur le processus politique », devrait permettre en principe de venir à bout de bandes armées totalement hétéroclites, qui sont estimées par la Monuc elle-même à seulement quelque 6.000 hommes parfaitement localisés par des associations congolaises locales avec lesquelles la mission n’a que des rapports volontairement très distants. De ce point de vue, il faudrait que cesse au plus vite ce « renvoi d’ascenseur » perpétuel, entre la Monuc et les dirigeants congolais concernés, sur les actions à mener dans les zones de violences et de non-droit. Nous invitons enfin et surtout les stratèges onusiens de New York et de Kinshasa à relire Clausewitz pour qui « la guerre doit être en parfaite continuité avec le temps politique qu’elle n’altère pas ». En voulant séparer le champ diplomatique de celui du « militaire », le « pacifisme » onusien relève d’un mirage : « soldats de la paix » et « soldats de la guerre » sont, comme Janus, les deux faces d’une même exigence.

En d’autres termes, le temps des négociations entre communautés vivant dans des peurs fantasmatiques (comme au Kivu) ne doit pas faire l’économie de celui de la dissuasion militaire à l’encontre de ceux qui, comme le général « félon » Laurent Nkunda ou d’autres seigneurs de guerre, les entretiennent avec d’éventuels appuis extérieurs.

À l’Union européenne, qui a investi près de 500 millions d’euros dans le processus électoral en RDC, nous aimerions dire qu’elle doit être conséquente avec les prémisses de sa politique de défense et de sécurité. Après avoir réussi l’opération « Artémis » – qui, en 2003, a sauvé la mise pour un contingent de la Monuc encerclé par des bandes armées à Bunia –, après avoir lancé le mécanisme Eusec l’autorisant à prendre en charge la réforme des services de sécurité, après avoir finalement décidé – non sans beaucoup d’atermoiements – d’épauler cette Monuc dans le cadre de la surveillance du processus électoral en 2006, l’Union européenne vient de se doter d’un nouvel outil, baptisé « centre d’opération » qui, autonome par rapport aux quartiers généraux nationaux européens, est un outil pouvant déployer, dans les quinze jours et pour quatre mois, des forces d’intervention civilo-militaires rapides sur des théâtres d’opérations extra-européens.

Pourquoi ne pas recourir dans l’est du Congo à un tel type de mécanisme qui aurait certainement beaucoup plus de crédibilité et d’effet dissuasif que les Casques bleus de la Monuc en qui les populations locales n’ont, à quelques exceptions près, plus confiance depuis qu’elles sont restées l’arme au pied à Bukavu et à Bunyakiri en 2004, à Kinshasa en août 2006 et en mars 2007 ?

Les désastres humains n’ont que trop duré en Afrique. Tant « l’appropriation africaine » (« African ownership ») que le « partenariat » sont des slogans de plus en plus vides, ne rassurant que des diplomaties frileuses qui s’alimentent à une langue de bois futile et déconnectée du terrain et qui tentent d’apaiser leurs consciences (et les nôtres) par l’octroi de millions de dollars au titre de l’aide humanitaire. Le droit à la sécurité est un impératif premier sans lequel la « bonne gouvernance », la « décentralisation », le « développement » et d’autres valeurs prêchées par la communauté internationale n’ont aucune chance d’aboutir.

(*) Claude Bragard (UCL), Dominique Breillat (Université de Poitiers), Jean-Emile Charlier (Fucam), Noémie Cheval (ULB), Gabriella Chiaramonti (Université de Padoue), Olivier De Schutter (UCL), Philippe Devillé (UCL), Françoise Digneffe (UCL), Christian Duqué (UCL), Pierpaolo Faggi (Université de Padoue), Bernard Feltz (UCL), Mathieu Hilgers (UCL), Fabienne Leloup (Fucam), Myriam Malengreau (UCL), Stephan Marysse (Universiteit Antwerpen), Maurizio Mistri (Université de Padoue), Michel Molitor (UCL), Antonio Papisca (Université de Padoue), Pierre-Denis Plisnier (Musée Royal de l¹Afrique centrale), Jean-Philippe Platteau (Fucam), Davide Qualerzi (Université de Padoue), Claude Roosens (UCL), Bernard Stevens (UCL), Jean-Claude Willame (UCL).

Se/Le soir

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21 juillet 2007

US $500,Pour la rénovation de Kinshasa

echabhgeur_de_limeteLes Emirats arabes unis ont signé jeudi à Kinshasa avec le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) un protocole d'accord d'un montant de 500 millions de dollars pour "la rénovation et la modernisation" de la capitale congolaise. "Ce projet concerne la construction à Kinshasa d'un hôtel de 300 chambres, de quatre immeubles avec appartements et d'un centre commercial", a déclaré le ministre congolais des Travaux publics, Pierre Lumbi, lors de la signature de cet accord.

La partie émiratie était représentée par Khater Massaad, président du groupe Rakeen, un des plus grands promoteurs immobiliers dans les Emirats arabes unis.

La ville de Kinshasa - une mégalopole de plus de six millions d'habitants - connaît un déficit d'établissements hôteliers. La plupart des immeubles publics, héritage de la colonisation belge, sont dans un état de délabrement avancé.

Le projet va s'étendre dans d'autres villes du pays principalement dans les régions affectées par des années de guerre (1996-1997 et 1998-2003) et où les infrastructures ont été détruites.

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"Nos villes ont besoin d'être modernisées", a souligné le ministre congolais.

De son côté, le président du groupe Rakeen s'est engagé à entreprendre le début de ces travaux dans six mois, indiquant que le projet à réaliser est "extrêmement important et marque le début d'une série d'autres projets dans divers domaines".

Selon M. Massaad, "la RDC est un grand pays au développement duquel les Etats arabes unis veulent participer".

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18 juillet 2007

Corruption, Bas salaires et Impunité

J'ai beaucoup réflechi sur le phénomene de la corruption spéialement dans les secteurs pulics ,et j'ai compris la source de tous les maux qui rongent la République Dém. du Congo. Tous les problemes que nous avons aujourd'hui trouvent leurs sources dans les trois grands fleaux que sont Corruption-Bas salaires -Inpunité ou bien plus Impunité- Corruption- Bas salaires. La RDC,des ses premeirs jours de l'indépendance,jusqu'á ce jour est terrassée par ce phénomene qui aujourd'hui ne nous lache pas, et nul n'arrive á le faire partir de notre societé.

De ses trois élements que compose le phénomene Impunité-Corruption-Bas salaire,l'impunité serait le locomotive qui  entrennent  et entretiennent les deux autres avec toutes les conséquences que nous déplorons á ce jour. Examinons tous ensemble les conséquences  de la corruption avec John Sullivan et appliquons les dans  le cas specifique de la RDC.

John Sullivan est directeur administratif du CIPE (Center for International Private Enterprise), qui est une filiale de la Chambre de commerce des États-Unis. Aleksandr Shkolnikov est responsable de programme au CIPE. Nous donnons ci-après un extrait de leur article qui présente le coût de la corruption tant pour les entreprises que pour les simples citoyens. Le texte qui suit est tiré de l’article intitulé « Combating Corruption : Private Sector Perspectives and Solutions », paru dans le numéro de septembre 2004 de la publication du CIPE Economic Reform.

Pourquoi combattre la corruption ? Dans de nombreuses économies, la corruption revêt un caractère institutionnel et il semble plus pratique d’y faire face au jour le jour que de la combattre. Examiner la corruption sous un angle économique, c’est reconnaître que ce phénomène dépasse le cadre d’un comportement inacceptable. C’est reconnaître aussi que la corruption, si elle fait le jeu d’un petit nombre d’individus, coûte cher à long terme à la société, au secteur privé et aux gouvernements. Il faut éradiquer la corruption pour les raisons suivantes :

Elle est responsable de la mauvaise répartition des ressources.

Les ressources qui seraient normalement consacrées à la production de biens et de services servent souvent à corrompre. Ceci comprend les ressources tant directes, sous la forme de transferts de fonds, qu’indirectes, par exemple le fait de rester en contact avec des agents publics ou d’octroyer une licence d’exploitation ou de production à une entreprise moins efficiente. En outre, la corruption détourne des ressources qui pourraient être affectées à la fourniture de services publics. Au lieu de contribuer au budget, les fonds provenant des licences ou de l’impôt sur le revenu peuvent finir dans la poche d’agents publics corrompus. En outre, les ressources ne sont pas utilisées dans un souci d’efficience maximale parce que c’est l’entreprise la mieux « pistonnée », et non la plus performante, qui se voit adjuger un marché public.

Elle encourage l’adoption de politiques et de règlements vagues et mal avisés.

Dans les systèmes corrompus, le législateur s’emploie souvent à échafauder des politiques et des règlements qui n’ont pas pour finalité d’améliorer l’environnement économique ou politique global. Ils tendent plutôt à faire le jeu d’un petit nombre d’individus qui se tiennent dans les coulisses du pouvoir ou de ceux qui soudoient les agents publics pour qu’ils adoptent un règlement favorable.

Elle diminue les niveaux d'investissements.

La corruption a des effets négatifs sur le niveau des investissements, qu’ils soient étrangers ou intérieurs. Les investisseurs finissent toujours par éviter les environnements où la corruption est endémique parce qu’elle accroît la rançon des affaires et qu’elle sape la primauté du droit. De même, la corruption est souvent associée à un haut degré d’incertitude, ce qui fait toujours fuir les investisseurs.

Elle porte atteinte à la concurrence et à l’efficience.

Les fonctionnaires du gouvernement qui exigent des pots-de-vin pour fournir ou refuser des services, licences ou permis par exemple, réduisent le nombre d’entreprises capables de pénétrer sur le marché, ce qui crée un environnement reposant sur la maximisation de la rente qui pousse vers le secteur non structuré les entreprises déterminées à ne pas verser des dessous-de-table ou incapables de le faire. Les activités de maximisation de la rente débouchent parfois sur le protectionnisme et aussi sur la fabrication de produits de faible qualité, d’où une baisse de l’efficacité, de la productivité et de la compétitivité. Au bout du compte, le manque de concurrence nuit au consommateur, qui reçoit moins de biens de haute technologie ainsi que des biens de qualité inférieure, lesquels leur coûtent pourtant plus cher.

Elle réduit les recettes publiques consacrées aux biens et services essentiels.

La fraude fiscale, l’une des plus grandes menaces aux flux de fonds publics, règne de manière endémique dans les pays où sévit la corruption parce que les entreprises du secteur non structuré ne déclarent pas leurs bénéfices et que, par conséquent, elles ne paient pas d’impôts. De plus, les entreprises qui opèrent dans le secteur formel paient des pots-de-vin au lieu de payer leurs impôts quand le fisc est corrompu ou que les possibilités d’abus du code fiscal sont nombreuses. Qui plus est, les fonctionnaires corrompus mettent dans leurs poches les redevances et les paiements qu’ils collectent auprès des entreprises pour le compte de l’État, ce qui prive l’administration de fonds nécessaires à la fourniture de biens et de services essentiels.

Elle accroît les dépenses publiques.

Les projets d’investissements publics offrent souvent aux représentants du gouvernement des occasions de toucher des pots-de-vin. La vérité, c’est que les agents publics qui entrevoient la possibilité de tirer un profit personnel de l’adjudication de contrats selon le principe du copinage vont promouvoir le plus grand nombre possible de projets d’investissements publics. En fait, ce genre de scandale éclate non seulement dans les pays en développement, mais aussi dans le monde plus développé où la corruption sévit pourtant moins. Dans de nombreux pays, il arrive parfois que les projets dont l’exécution relève du copinage n’arrivent jamais à terme parce que les fonds sont volés, purement et simplement. La corruption entraîne la mauvaise gestion des projets d’investissements publics et contribue ainsi au creusement des déficits budgétaires, ce qui met en péril toute politique budgétaire rationnelle.

Elle fait baisser la productivité et décourage l’innovation

Dans les systèmes corrompus, les individus et les entreprises consacrent du temps et des ressources à des tractations malhonnêtes (versements de pots-de-vin, relations avec des agents corrompus, etc.) au lieu de se concentrer sur les activités propices à la croissance. En outre, la corruption décourage l’innovation parce que les institutions des systèmes corrompus ne respectent ni la loi ni les droits de la propriété.

Elle accroît le coût des affaires (fait fonction de taxe sur les affaires).

Le temps et l’argent consacrés à obtenir les faveurs des agents publics et à la navigation au travers de règlements complexes accroissent les coûts des transactions commerciales. Soit ces coûts sont répercutés sur le consommateur par le biais de la hausse des prix ou de la baisse de la qualité des produits, soit ils empêchent certaines entreprises de pénétrer sur le marché. De même, lorsqu’il est corrompu, le pouvoir judiciaire limite la capacité des entreprises de faire respecter les contrats, ce qui nuit au bon fonctionnement du système et fait obstacle aux nouveaux débouchés.

Elle diminue le taux de croissance.

La corruption nuit aux petites entreprises par son coût élevé (en temps et en argent) qu'il leur est plus difficile à soutenir que les grandes sociétés. En règle générale, les petites entreprises sont en moins bonne position pour éviter la corruption et elles ont tendance à fonctionner dans un environnement hautement concurrentiel, ce qui signifie qu’il leur est difficile de répercuter les coûts sur le consommateur. Par conséquent, dans les environnements corrompus, les petites entreprises ont plus de mal à survivre, et cet état de fait nuit à la croissance économique parce que ce sont elles qui en sont le moteur dans la plupart des économies.

Elle réduit l’emploi dans le secteur privé.

En poussant les entreprises vers le secteur non structuré, en créant des obstacles à la pénétration sur le marché et en accroissant le coût des transactions commerciales, la corruption réduit l’emploi dans le secteur privé parce que les entreprises sont moins susceptibles de grandir et de s’élargir.

Elle réduit le nombre de postes de qualité dans le secteur public.

Les gouvernements corrompus offrent souvent un grand nombre de postes à bas salaire pour rendre service à leurs principaux électeurs. En outre, la qualité des emplois publics pâtit de la corruption parce que les agents publics consacrent des ressources à extorquer des pots-de-vin au lieu de fournir des services. Dans de nombreux cas, par exemple, les agents publics des organismes d’octroi de licences procèdent ni plus ni moins à des manœuvres dilatoires s’ils ne touchent pas de paiements supplémentaires ou de cadeaux.

Elle exacerbe la pauvreté et les inégalités.

La corruption affaiblit la capacité de gain des pauvres dans la mesure où elle diminue les possibilités d'emploi dans le secteur privé. En outre, en limitant les dépenses consacrées aux services du secteur public, elle encourage les inégalités, par exemple en restreignant l’accès aux services essentiels que sont les soins médicaux et l’éducation.

Elle sape l’État de droit.

La corruption crée une culture au sein de laquelle les représentants du gouvernement ne sont pas tenus de répondre de leurs actions. En outre, dans les systèmes corrompus, les lois et les règlements ne sont pas appliqués de manière systématique et équitable. Dès lors, ce n’est pas la loi qui compte : ce sont les relations et le prix qu’on est prêt à payer.

Elle entrave l’adoption de réformes démocratiques et axées sur le marché.

Pour prospérer dans les économies de marché et les sociétés démocratiques, les pays doivent construire et développer les institutions qui assurent l’application des lois ainsi que la transparence d’un processus inclusif d’élaboration de politiques. Dans les systèmes corrompus, la mise en place de telles institutions, saines et bien conçues, est une tâche ardue. Les agents publics corrompus qui sont chargés d’appliquer les réformes sont moins susceptibles de prendre des mesures qui auraient pour effet de les empêcher de toucher des pots-de-vin et des dessous-de-table. En outre, la corruption sape la légitimité de la fonction publique et elle nuit à la vie démocratique en décourageant la participation des citoyens.

Elle accroît l’instabilité politique.

La corruption généralisée contribue à l’instabilité politique parce que les citoyens se sentent poussés à chasser du pouvoir leurs dirigeants corrompus et incapables de représenter efficacement les intérêts du peuple.

Elle contribue à un taux élevé de criminalité.

La corruption donne naissance à un système qui ne tient absolument pas compte de la primauté du droit et elle crée une société dans laquelle les institutions judiciaires et policières sont inefficaces. Dans les systèmes corrompus, les escrocs n’ont aucun mal à se soustraire à la loi. La corruption débouche débouche non seulement sur les crimes politiques et la criminalité des entreprises, mais aussi sur la criminalité organisée.

Posté par Bernis à 19:55 - Dossier - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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